Aidons Vergu, un homme paraplégique à la rue

Offrons à Vergu, un homme paraplégique, les gestes les plus essentiels : une douche, un lit et un peu de répit.

Vergu est paraplégique. Pourtant, il vit dans la rue.

Chaque nuit, il dort à même le sol, sans aucun abri, sans matelas. Son fauteuil roulant, indispensable à sa survie, lui a déjà été volé à plusieurs reprises. Il a également été agressé et menacé de mort.

Parce qu'il ne peut ni accéder facilement à des toilettes, ni se laver, ni se changer seul, Vergu est contraint de vivre en permanence dans ses excréments et son urine. Sa peau se dégrade progressivement, faute d'hygiène et de soins. Nous venons une fois par semaine pour l'aider à se changer, mais les autres jours, il reste seul face à cette réalité.

Sans solution d'hébergement, sans accompagnement adapté et avec une santé qui se détériore de semaine en semaine, Vergu risque de mourir dans la rue.

Cette cagnotte vise à lui rendre ce que chacun devrait avoir : un lit, une douche, des soins, de la sécurité et une chance de reconstruire sa vie.

 

Son histoire

Vergu a 48 ans.

Si vous le croisez aujourd'hui dans les rues de Paris, vous verrez un homme en fauteuil roulant, toujours coiffé de sa casquette Mercedes, avec un sourire, une blague ou une anecdote à raconter malgré les épreuves. Vous ne devinerez sans doute pas qu'il a autrefois travaillé pendant près de dix ans en Angleterre, été un grand chauffeur, parcouru des millions de kilomètres au volant et mené une vie stable.

Aujourd'hui, Vergu est sans domicile fixe. Il souffre de lourds problèmes de santé, d'une addiction à l'alcool, d'une très grande précarité et d'un profond isolement. Pourtant, derrière cette situation, il y a une histoire, un parcours et surtout une personne qui mérite qu'on ne l'abandonne pas.

 

Notre rencontre

Nous avons rencontré Vergu en bas de notre immeuble, dans une situation extrêmement préoccupante.

Privé de fauteuil roulant, il ne pouvait plus se déplacer qu'en s'aidant de ses mains et de ses fesses. Incapable d'accéder à des toilettes, il était contraint d'uriner et de se déféquer sur lui-même. Ses mains tremblent fortement, sa motricité est très réduite et son élocution est difficile. Pour qu'il puisse simplement boire un café sans tout renverser, il faut le lui verser dans une bouteille.

Quelques jours auparavant, lors de la soirée de la finale de la Ligue des champions, Vergu avait été interpellé par la police. On l'accusait d'avoir incendié puis jeté un vélo dans une poubelle. Il a tenté d'expliquer qu'il était physiquement incapable de commettre un tel acte puisqu'il se déplace en fauteuil roulant, mais personne ne l'a écouté.

Les policiers l'ont embarqué sans son fauteuil, malgré ses cris répétant : « Fauteuil ! Fauteuil ! ». Une fois qu'ils ont réalisé qu'il ne pouvait effectivement pas marcher, ils l'ont déposé dans la rue et ont appelé les pompiers. Ces derniers se sont contentés de vérifier sa glycémie avant de repartir, le laissant sans solution et surtout sans fauteuil.

C'est ainsi qu'il est arrivé en bas de chez nous, en rampant.

 

Ce que nous avons déjà accompli

Nous avons commencé par contacter de nombreuses associations jusqu'à trouver une structure à Montreuil qui acceptait de donner un fauteuil roulant.

Le jour où nous lui avons apporté ce fauteuil restera gravé dans nos mémoires. Son visage s'est illuminé. Pour la première fois depuis plusieurs jours, il retrouvait un peu de liberté et pouvait à nouveau se déplacer.

Nous lui avons ensuite montré où se trouvaient les toilettes publiques les plus proches afin qu'il puisse enfin retrouver un minimum de dignité.

Mais ce répit a été de très courte durée.

Le soir même, des personnes du quartier l'ont agressé pour lui réclamer une partie de l'argent que les passants lui donnaient. Il a été frappé au visage, menacé de mort et contraint de fuir sous une pluie battante. Dans sa fuite, il a dû abandonner tout ce que les habitants du quartier lui avaient apporté : son matelas, sa couverture, ses vêtements, sa nourriture...

Après plusieurs jours de recherches, de nombreux appels auprès des associations et beaucoup de patience, nous avons finalement retrouvé sa trace dans le quartier où il vivait auparavant. Malgré son handicap, Vergu possède un sens de l'orientation remarquable, hérité de ses nombreuses années de conducteur.

Depuis, nous continuons à lui rendre visite régulièrement pour l'aider à se changer, lui apporter des vêtements propres, de la nourriture, du café, des produits d'hygiène et l'aider autant que possible.

Son premier fauteuil s'est rapidement détérioré. L'un des repose-pieds ne tenait plus, ce qui lui provoquait d'importantes douleurs puisqu'il devait constamment se pencher de l'autre côté.

Nous avons alors décidé de lui acheter un fauteuil roulant d'occasion. Une nouvelle fois, sa joie était immense. Aujourd'hui encore, ce fauteuil représente bien plus qu'un simple moyen de transport : c'est son autonomie.

Nous lui avons également acheté une chaîne afin qu'il puisse l'attacher à son fauteuil. Cela peut sembler surprenant, mais on lui a déjà volé plusieurs fauteuils, ainsi que les roues de certains d'entre eux.

 

Qui est Vergu ?

Vergu est né en Roumanie.

Son enfance a été profondément marquée par les violences familiales et l'abandon. Son père, chauffeur pour une ambassade, était très peu présent et entretenait plusieurs relations. Sa mère, seule, noyait son mal-être dans l'alcool.

Après leur séparation, Vergu s'est retrouvé pratiquement seul dans une immense maison de Bucarest. Une femme venait simplement lui apporter à manger et laver ses vêtements alors qu'il n'avait même pas dix ans.

Très jeune, il s'est réfugié dans l'alcool et le tabac.

Aujourd'hui, ses deux parents sont décédés et il n'a plus de contact avec sa sœur. Il est complètement seul et dit ne pas avoir d'ami.

À l'âge adulte, il est parti travailler en Angleterre où il a enchaîné pendant près de dix ans de nombreux boulots. Il gagnait correctement sa vie et était fier de son parcours.

Puis tout s'est effondré.

Selon son récit, des personnes de son entourage lui ont volé sa carte bancaire, l'ont laissé avec des dettes considérables — il évoque un découvert d'environ 50 000 euros qu'il devait rembourser à son employeur — et il a perdu son travail. Contraint de quitter le Royaume-Uni, il est retourné en Roumanie.

Après le décès de ses parents, n'ayant plus aucune attache dans son pays, il a tenté une dernière fois de repartir travailler en Angleterre. Il a payé des passeurs pour l'y aider, espérant reprendre une vie normale. Mais il a été intercepté et renvoyé à Calais en raison de ses dettes, sans pouvoir rejoindre le Royaume-Uni. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé en France. Ce qui devait être un nouveau départ est devenu le point de bascule dans plusieurs années d'errance.

 

Une santé qui se dégrade

Aujourd'hui, Vergu souffre de nombreuses pathologies.

Son addiction à l'alcool a progressivement détruit sa santé. À la suite d'un hiver particulièrement rigoureux il y a environ trois ans, il a perdu l'usage de ses jambes.

Il souffre également d'une très forte diminution de sa motricité, de tremblements importants, de troubles de la parole, d'incontinence et rencontre d'immenses difficultés pour accéder aux toilettes, pourtant indispensables à sa dignité.

Il ne peut plus prendre de douche, alors que c'est l'une des choses qu'il évoque le plus souvent. Les douches publiques sont trop éloignées pour lui et ne sont généralement pas adaptées aux personnes en fauteuil roulant.

Chaque nuit, Vergu dort à même le sol, sans aucun abri au-dessus de la tête. Il s'installe le long d'un espace vert où les rats viennent parfois le mordre pendant son sommeil. Pour tenter de s'en protéger, il garde ses chaussures aux pieds toute la nuit.

Il avait pourtant réussi à remarcher à la suite d'une hospitalisation.

Mais faute d'un accompagnement global et d'un suivi adapté après sa sortie, il a rechuté et sa situation s'est de nouveau dégradée.

Aujourd'hui, sans prise en charge holistique, il lui est impossible d'effectuer les démarches administratives nécessaires, de suivre ses rendez-vous médicaux ou de sortir durablement de la rue.

Un dossier de demande de logement est bien suivi par les associations locales, mais aucune solution ne lui a été proposée à ce jour, notamment parce que son handicap nécessite un hébergement accessible aux personnes en fauteuil roulant.

 

Pourquoi cette cagnotte ?

Les associations de terrain connaissent bien Vergu. Elles le suivent lors des maraudes, l'accompagnent autant qu'elles le peuvent et font un travail remarquable dans des conditions extrêmement difficiles.

Mais elles doivent faire face à un nombre très important de personnes à la rue avec des moyens limités. Malgré leur engagement, elles ne peuvent malheureusement pas répondre à toutes les situations avec la rapidité qu'elles mériteraient.

L'urgence aujourd'hui n'est donc pas seulement de répondre à ses besoins quotidiens.

Elle est de lui permettre de sortir du cercle vicieux de la rue avant que son état ne s'aggrave davantage.

Nous souhaitons notamment financer :

  • ses besoins essentiels (nourriture, vêtements, produits d'hygiène, protections liées à son incontinence, café...) ;
  • un hébergement, même temporaire, afin qu'il puisse enfin dormir en sécurité, se doucher, se reposer et retrouver un minimum d'intimité ;
  • les frais liés à une cure de désintoxication, qui constitue une étape indispensable pour engager une reconstruction durable et lui permettre de reprendre ses démarches administratives et médicales ;
  • les déplacements nécessaires (taxis notamment), compte tenu de son handicap ;
  • l'accompagnement dans ses démarches administratives (reconnaissance du handicap, ouverture et maintien de ses droits, accès aux soins, demande de logement, etc.) ;
  • tout matériel ou équipement permettant d'améliorer son quotidien et de préserver son autonomie.

Nous souhaitons aussi pouvoir accélérer les démarches déjà engagées autour de lui. L'hiver reviendra dans quelques mois et, lorsqu'on vit dehors avec une santé aussi fragile, chaque semaine compte. Chaque année, des centaines de personnes sans abri meurent des conséquences de la vie à la rue. Nous ne voulons pas attendre qu'il soit trop tard pour Vergu.

 

Pourquoi nous croyons encore en lui

Malgré tout ce qu'il a traversé, Vergu n'a pas perdu sa capacité à sourire.

Malgré sa situation, il ne demande jamais d'argent aux passants, il dit qu'il « préfère mourir » plutôt que de tendre la main.

Il plaisante sans cesse. Il remercie pour le moindre café, le moindre vêtement, le moindre geste.

À chacune de nos visites, il nous remercie surtout d'être venus le voir. Il nous dit que ces moments lui donnent du « power » (de la force). Dans une vie marquée par une immense solitude, ces quelques heures passées à discuter comptent pour lui.

Il adore raconter les millions de kilomètres qu'il a parcourus au volant, les voitures qu'il a conduites, ses anecdotes parfois improbables et son admiration intacte pour les Mercedes. Sa casquette Mercedes ne le quitte jamais.

Surtout, il rêve encore.

Il rêve de retrouver une vie stable.

Il rêve de retravailler un jour.

Il rêve de reprendre le volant.

Nous savons que le chemin sera long. Une cure de désintoxication, des soins, un accompagnement administratif et social, un hébergement... rien ne se fera en quelques jours.

Mais nous sommes convaincus qu'avec un accompagnement adapté et un peu de solidarité, Vergu peut retrouver une partie de son autonomie et reconstruire sa vie.

Chaque don, quel qu'en soit le montant, nous rapprochera de cet objectif.

Merci du fond du cœur pour votre soutien !

 

P.S. : Si vous pensez pouvoir aider Vergu autrement que par le don d'argent (hébergement gratuit, hospitalisation sur le long terme ou contact du corps médical, etc.), écrivez-nous à l'adresse mail suivante : aidons.vergu@gmail.com !

 

Les éléments présentés sont issus de nos propres observations au fil des mois passés auprès de Vergu, ainsi que de son récit. Aussi, par respect pour Vergu et conformément à sa volonté, nous ne diffusons pas de photo permettant de l'identifier, car il ne souhaite pas être reconnu dans cette période particulièrement difficile de sa vie.

 

âš  Signaler
0,00 €
collectés
9
jour(s) restant(s)
0
Contribution(s)
Objectif
15 000 €
Messages
0,00 €
collectés
9
jour(s) restant(s)
0
Contribution(s)
Objectif
15 000 €
Partagez le lien
Messages
--- Questions fréquentes ---