
La Cour d’appel de Paris vient de me débouter de ma demande en reconnaissance de la faute inexcusable de mon ancien employeur, pour la perte de mon enfant, après une fausse couche sur mon lieu de travail, au supermarché Marché Frais de La Courneuve en 2016. Quatre mois plus tard, mon employeur m’a licenciée, après que les délégués du personnel aient demandé quelles mesures mon ex-employeur comptait prendre pour qu'un tel drame ne se reproduise pas.
Le 27 mars 2026, après dix ans de procédure, les juges ont reconnu les manquements de mon ex-employeur à son obligation de sécurité : port de charges supérieures aux 8 kgs autorisés par la convention collective, froid provoquant « des maux de dos comme si les salariés avaient porté des poids ”, température aux caisses de 16°, pas de formation gestes et postures, pas de document d’évalution des risques professionnels …
Mais ils ont considéré que ces manquements ne constituaient pas une faute inexcusable, car je n’ai pas pu leur fournir de preuve que j’avais informé ma responsable de ma grossesse trois semaines avant l’accident (mais quelle salariée demande un accusé de réception à son employeur quand elle lui remet un certificat de grossesse ?) Ils m’ont donc déboutée de toutes mes demandes.
Et alors que je suis à l’aide juridictionnelle car j’ai un petit salaire et deux enfants à charge, le tribunal m’a condamnée à verser 1 000 euros pour couvrir les frais d’avocat de mon ancien employeur.
Le message envoyé par le tribunal aux salariées qui voudraient se défendre est clair : ne traînez pas vos employeurs en justice, si vous ne voulez pas finir endettées. En 2026, des femmes doivent encore choisir entre perdre leur enfant et perdre leur travail. Cela me révolte.
A quoi servira l'argent collecté ?
Les sommes collectées serviront à payer les 1 000 euros que le tribunal a mis à ma charge.
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